Lettre ouverte à Monsieur François Hollande, Président de la République.

7 mai 2013

Monsieur le Président,

Je me souviens, il y a un an jour pour jour, la gueule de bois. La veille, rue de Solférino, les cœurs roses, rouges, verts et bien plus battaient à l’unisson. La foule émue allait d’un même pas, joyeux et plein d’espérance vers la Bastille.

La joie de toutes ces générations confondues qui enfin tournaient la page du sarkozisme et du dangereux libéralisme de droite.

La joie de ces français qui portaient haut leurs drapeaux de cœur, le jour d’une élection historique dans leur pays d’adoption.

« Grands soirs, petits matins » …  L’été est passé, et avec lui les illusions… Une année d’espoirs déçus, de patience vaine.

Bientôt, l’été revient. Et nous avons tous la gueule de bois.

Non pas que nous ayons trop fêté le mariage pour tous… C’est bien, vous auriez dit à l’époque « normal », et nous sommes d’accord avec cela : normal que les mêmes droits soient accordés à tous les citoyens.
Non, si nous avons la gueule de bois aujourd’hui, c’est parce que le changement tant promis et attendu est quasi inexistant. La même loi du marché est superpuissante, les chômeurs sont de plus en plus nombreux, les Roms toujours si stigmatisés – j’en passe et des meilleures !
Vous souvenez-vous, Monsieur, la promesse faite à tous ces étrangers de pouvoir voter aux élections municipales ? Vous souvenez-vous, Monsieur, l’espoir soulevé chez ces jeunes à qui vous promettiez du travail, que vous souhaitiez mettre au centre de tout ? Vous souvenez-vous qu’il fallait renégocier le pacte budgétaire européen ? Vous souvenez-vous que Florange ne devait pas fermer ? Vous souvenez-vous qu’il fallait lutter contre les paradis fiscaux ? Vous souvenez-vous que le budget de la culture devait être sanctuarisé ?
Vous, Président de la République, pourquoi avez-vous reçu un dictateur et êtes allé chez un autre? Vous, Président de la République, que faites-vous pour nos emplois ? Vous, Président de la République, accorderez-vous le droit de vote aux étrangers ? Vous, Président de la République, le monde de la finance est-il réellement votre ennemi ? Vous, Président de la République, que faites-vous pour lutter contre le « délit de faciès » ? Vous, Président de la République, avez-vous seulement pris la mesure de tout ce qui se tramait ?

Car, Monsieur le Président, je suis jeune diplômé et je suis au chômage. Et tous les jours, on me dit que la culture – par laquelle je suis né et où je souhaiterai défendre des idéaux – n’a plus de sous, que je n’y trouverai pas de travail, qu’il me faut vite me diriger vers une filière « rentable ».

Les associations dont je fais partie et qui animent mon quartier, ma ville, n’ont plus les subventions nécessaires pour continuer à faire le travail. Le désengagement de l’État ne peut même plus être comblé par l’engagement citoyen, que votre politique de la continuité contribue à faire disparaître.

Alors, cher Monsieur Hollande, pour ne pas laisser la place aux extrêmes qui chaque jour gagnent du terrain, souvenez-vous ce que c’est que d’être de Gauche…

« Regarde
On pourrait encore y croire.
Il suffit de le vouloir
Avant qu’il ne soit trop tard… »

 

 

Lettre ouverte à Monsieur François Hollande, Président de la République. 1696824_3_308a_francois-hollande-elu-dimanche-president-de-la_a72903fd770073baa0f7f14d35d1bdd2-300x150

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